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01 septembre 2009

Vers un nouveau monde après la crise

Nice, le 10 mars 2009 - Le dernier trimestre de l’année dernière a ruiné l’année touristique 2008, qui s’annonçait excellente. Cette baisse brutale de l’activité entraîne des licenciements et des stratégies d’urgence mises en place dans de nombreuses entreprises touristiques dans tous les métiers de notre économie, autant dans les marchés émetteurs que sur les marchés réceptifs. Ses effets ne sont pas terminés et nous assisterons encore au cours des prochaines semaines à des ajustements douloureux (fermetures de lignes aériennes, compression de personnels, annulation d’engagements antérieurs, faillites, etc).

Cependant, le crash bancaire planétaire auquel nous avons tous assisté a été correctement jugulé par les Etats, qui sont intervenus massivement et rapidement dans les banques au bord de la faillite, ce qui a permis d’éviter une dérive systémique qui aurait pu précipiter toute l’activité industrielle de la planète dans le chaos.

Il faut donc en conclure que les ajustements actuels sont plus l’expression d’une saine gestion de l’instantanéité, propre aux accélérations de l’information, de sa projection et de la décision, qui caractérisent notre époque ; qu’un mouvement de panique incontrôlé qui aurait été catastrophique. Il faut noter que les intentions de voyager restent stables dans les pays européens. Le tourisme confirme sa résilience si on le compare aux intentions d’achat dans d’autres secteurs (automobile, immobilier…). Les carnets de commande se remplissent pour ce printemps, quant bien même la réservation de dernière minute tentera beaucoup de touristes.

Quelques signes avant-coureurs apparaissent ces derniers jours, qui laissent prudemment espérer une reprise l’année prochaine. Encore faudra t’il que le risque d’une nouvelle bulle financière et les errements irresponsables qui ont accompagné la période 2007-2008 soient définitivement écartés. Ce sera le rôle du G20 du début avril. Ou bien ces vingt Etats arrivent à coordonner une gouvernance mondiale, chargée du contrôle des flux financiers ou non. Dans le cas d’un succès, la prise de risques financiers inconséquents qui sont à la source des problèmes actuels seront surveillés, ce qui favorisera une sortie de crise assez rapide. Ou bien c’est un échec, et les causes premières du ralentissement mondial resteront inchangées, ce qui nous entraînera tous dans une incertitude dommageable et probablement très longue à se dissiper (sans préjuger des risques de conflits qu'elle génèrera).

Pour ce qui est de la situation actuelle, les prix sont partout à la baisse, ce qui est logique. Ce qui l’est moins, ce sont les quelques mouvements incontrôlés, qui laissent les systèmes électroniques de distribution proposer à la vente des prix qui ne sont compatibles ni avec les investissements nécessaires à la maintenance des outils, ni avec une politique salariale responsable. Si l’époque est aux vaches maigres, elle n’est pas à la braderie où « tout doit disparaître ».

Certains sortiront de cette période avec un immobilier dégradé et des équipes en déroute. On a déjà vécu semblable erreur et les sociétés de « defeasance » se sont multipliées dans les années 80, avant de finalement céder au plus bas prix des immeubles touristiques délabrés.


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